L’Art ne demande pas la permission. Il traverse.
Il surgit dans l’intervalle entre ce que nous voyons et ce que nous ressentons, révélant ce qui demeure caché, parfois même à nous-mêmes. Entre lumière et ombre, couleur et silence, l’Art devient le langage de l’indicible — un espace où les émotions prennent corps et où l’invisible trouve forme.
Dans un monde saturé d’images, où tout passe vite et où peu demeure, l’Art résiste. Non comme ornement, mais comme présence. Comme geste. Comme vérité. Une œuvre n’est pas un objet : c’est une rencontre. Un miroir sensible où se projettent mémoires, désirs et fragments de ce que nous sommes.
C’est dans ce territoire que s’inscrit l’œuvre de Priscilla Vezzit Ferreira.
Sa création naît du déplacement — géographique, émotionnel et symbolique. Un parcours qui commence au Brésil, traverse le Portugal et trouve en France un espace de silence et de maturation. Avant de créer des images, Priscilla a observé le monde. À travers la photographie et le voyage, elle a parcouru paysages, cultures et atmosphères, apprenant à écouter ce qui ne se dit pas. Lorsque le monde ne suffisait plus à être enregistré, il a commencé à être recréé.
Dans l’art numérique, Priscilla ne représente pas la réalité : elle la transforme. Ses images émergent comme des états d’âme. Des couleurs qui vibrent ou se dissolvent, des corps qui flottent entre le concret et l’éthéré, des figures féminines qui ne posent pas — elles existent. On y perçoit une force contenue, une délicatesse qui ne s’oppose pas à la puissance, mais la révèle.
Tout au long de son parcours, son œuvre a été reconnue dans des contextes internationaux, recevant distinctions et récompenses qui confirment la pertinence de sa recherche artistique dans le champ contemporain. Ces reconnaissances ne servent pas de validation esthétique, mais témoignent de la force sensible et conceptuelle d’une pratique qui traverse les frontières culturelles tout en restant fidèle à son essence profondément autorale.
Chaque œuvre porte une question silencieuse.
Rien n’est gratuit. L’esthétique guide, mais c’est le contenu émotionnel qui demeure. L’amour de la Nature, la fragilité de la condition humaine, la quête de sens et d’appartenance s’entrelacent dans des atmosphères oniriques, où le temps ralentit et où le regard est invité à traverser l’image — et non simplement à la contempler.
Dans certaines compositions apparaissent des papillons. Non comme ornements, mais comme symboles. Des civilisations anciennes à l’imaginaire contemporain, ils incarnent la transformation, la renaissance et le passage. La métaphore est claire : toute existence est mouvement. Toute âme porte en elle la possibilité du vol.
L’œuvre de Priscilla Vezzit Ferreira ne livre pas de réponses.
Elle ouvre des portails.
Invite à l’introspection.
Elle murmure au lieu de crier.
C’est un Art qui ne s’explique pas — il se ressent.
Un Art qui n’occupe pas les murs, mais les espaces intérieurs.
Profondément autoral. Essentiellement sensible.
Transcendant.